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Un deuxième suspect interpellé après l'incendie criminel de la mairie de Limoges
information fournie par AFP 22/10/2026 à 19:19

La mairie de Limoges incendiée lors d'une manifestation contre la vie chère, le 17 octobre 2026 ( AFP / Melaine PAYZAL )

La mairie de Limoges incendiée lors d'une manifestation contre la vie chère, le 17 octobre 2026 ( AFP / Melaine PAYZAL )

L'enquête sur l'incendie criminel de la mairie de Limoges le 17 octobre s'est accélérée jeudi avec l'interpellation dans la Creuse d'un deuxième suspect, après un premier homme arrêté mardi en Haute-Vienne et soupçonné désormais de tentative de meurtre sur des policiers.

Inauguré en 1883 et classé, l'hôtel de ville a été en grande partie détruit par les flammes lors de la mobilisation de samedi.

L'enquête judiciaire visait jusqu'à présent des faits de "dégradation d'un bien en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes" et de "menaces de mort" sur les personnes alors présentes dans la mairie.

Mais l'analyse de la chronologie, l'exploitation des images de surveillance et l'audition des 13 policiers municipaux qui se trouvaient sur les lieux ont conduit à mettre en cause l'homme de 34 ans arrêté mardi à Bussière-Boffy, sur la commune de Val d'Issoire (Haute-Vienne), pour "tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé la procureure de la République à Limoges, Émilie Abrantes, dans un communiqué de presse.

Sa garde à vue a été prolongée de 48 heures.

Le second suspect, âgé de 66 ans, est suspecté quant à lui d'avoir participé à la destruction de la mairie historique de la ville.

Plateau de Millevaches

Environ 5.000 personnes, dont 700 individus "extrêmement violents" selon les autorités, ont défilé samedi à Limoges, où de premiers heurts ont opposé ces derniers aux forces de l'ordre aux abords de l'autoroute A20.

Dans l'après-midi, la police étant à court de grenades de désencerclement selon le maire de la ville, Guillaume Guérin (LR), le cortège s'est disloqué et ses éléments les plus radicaux ont attaqué la mairie, brisant des vitres et enfonçant la porte pour pénétrer à l'intérieur et mettre le feu, comme le montrent des vidéos diffusées jeudi par le journal Le Populaire du Centre.

"Lorsqu'ils sont rentrés dans la mairie, ils ont dit aux gardiens de la loge, qui gagnent 1.500 euros par mois: +on va te crever+. Ils ont dit aux élus qui étaient présents: +on va tous vous tuer+", avait relaté l'élu dimanche matin.

Mardi après l'interpellation du premier suspect, l'élu en a fait aussitôt le probable "cerveau" de l'opération, tout en accusant "l'ultragauche, celle qui vit pour partie repliée sur le plateau des Millevaches", des terres rurales d'environ 10.000 habitants entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne.

Intérimaire dans le bâtiment, le trentenaire est fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche radicale et connu pour des violences sur un policier lors d'une manifestation passée dans la Creuse, selon les autorités.

Dans un communiqué cité jeudi par le média de gauche Reporterre, des "parents, amis et voisins" du mis en cause le décrivent au contraire comme un "garçon sensible, proche de la nature et non-violent".

"Sa photo a circulé, des médias publient la photo de la maison où il habite, il a fait l'objet de nombreuses insultes et menaces de mort, et également ses amis, sur Facebook", a dénoncé son avocat, Me Henri Braun, sur BFMTV, déplorant "qu'on jette son nom en pâture."

Père et fils

Le plateau de Millevaches, après avoir été un bastion communiste, a attiré de longue date une population alternative. En 2019, un Syndicat de la montagne limousine y a été créé par des habitants pour "défendre et mettre en œuvre" leur vision du territoire, qui prône notamment de relocaliser l'usage des ressources ou de mettre en œuvre un "droit d'asile local".

Sa proximité supposée avec l'ultra gauche radicale nourrit méfiances et tensions dans les communes où il est implanté.

Jeudi, sur son site internet, le Syndicat a dit avoir été présent à Limoges lors du "réveil salutaire" de la journée du 17 octobre, qualifiant "le spectre de l'ultragauche" de "manipulation" et défendant le plateau de Millevaches comme "une terre d'accueil, de solidarité, de résistance".

Dans la région, des actions ont été revendiquées dans le passé, comme l'incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020, puis d'une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021.

En avril, la justice a condamné pour ces faits un septuagénaire domicilié à Bussière-Boffy (Haute-Vienne), connu "pour ses liens avec le milieu anarchiste" et comme autonomiste basque dans les années 1980, d'après le journal Le Monde. Le trentenaire arrêté mardi dans ce même village est son fils.

Ces affaires avaient aussi conduit à des interpellations à Gentioux-Pigerolles (Creuse), où a été arrêté jeudi le deuxième suspect dans l'enquête sur l'incendie de la mairie de Limoges.

3 commentaires

  • 20:32

    Il mérite d'être condamné à vie à casser des caillous en Guyane, vaste département français d'outremer qui manque cruellement de routes carrossables. C'est valable aussi pour ses complices.


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